DALF C1 Course

DALF C1 Oral Exam Example: A Full “Production Orale” on Biodiversity

SUJET

Thème de l’exposé

L’espèce humaine peut-elle préserver la biodiversité ?


DOCUMENT 1

Biodiversité : de quoi parle-t-on ?

Entretien avec Robert Barbault, Professeur à l’université Paris VI, directeur du département Écologie et gestion de la biodiversité du Muséum national d’histoire naturelle.

La notion de « biodiversité » a-t-elle un sens précis pour le biologiste ?

Les biologistes ont toujours parlé de « diversité des espèces » et, comme on le sait, la « biodiversité » est apparue comme un concept politique en 1992, à l’issue de la conférence de Rio. Je pense cependant que, d’un point de vue scientifique, il apporte une idée oubliée : celle que l’homme est partie prenante de la biosphère. Cela permet de prendre en considération le rôle de la diversité dans l’évolution des sociétés humaines. Cela a pour conséquence que le sujet concerne non seulement les biologistes, mais aussi les autres spécialistes des sciences de la vie, de l’homme et de la société. C’est un concept qui porte un regard écologique sur le monde et oblige à considérer les interactions entre tous les compartiments du système planétaire, y compris les aspects humains, économiques et sociaux.

Y a-t-il des raisons scientifiques établies pour qu’une telle problématique s’impose maintenant ?

À l’échelle des temps géologiques, l’évolution entraîne une augmentation du nombre des espèces vivantes avec, de temps en temps, une grande crise d’extinction. Ces crises sont suivies de nouvelles expansions. Il y a donc une capacité naturelle de la biosphère à produire de la diversité et à faire face à son érosion. D’ailleurs, aucune espèce vivante n’est éternelle. La nature change tout le temps et la diversité est la stratégie qui lui permet de s’adapter au changement. Si l’on considère la période actuelle, on voit cependant qu’une espèce a particulièrement réussi : la nôtre. Elle a envahi la Terre, occupe de plus en plus d’espace, transforme les paysages, morcelle les milieux, détruit les forêts et modifie les climats. Ce phénomène a forcément des conséquences sur l’ensemble du vivant. Dans quelle mesure ? C’est là que la discussion commence. Certains sont particulièrement inquiets car on ne maîtrise pas le nombre global d’espèces existantes. On peut faire des constats plus mesurés, sur les vertébrés par exemple. Il en existe 50 000 espèces ; en moyenne, une espèce vit cinq millions d’années, de sorte que l’on estime normal le rythme d’une disparition par siècle. Or, pour le XXe siècle, on relève déjà 260 disparitions de vertébrés. Il y a donc eu une accélération du phénomène. De plus, il n’y a pas que les extinctions qui comptent. Si on observe le déclin d’espèces comme les oiseaux communs, c’est que la qualité de leurs milieux de vie se dégrade. L’impact humain sur la biodiversité est indéniable.

Quelles conséquences cette érosion de la biodiversité peut-elle avoir ?

Le milieu de vie des oiseaux communs est aussi le nôtre. La dégradation des milieux amène des fluctuations brusques. Ces déséquilibres induisent des risques d’épidémie et de proliférations spécifiques. Plus on déséquilibre, plus on oblige à des interventions lourdes. Prenons un exemple : dans les vallées situées près de New-York, l’eau a été potable jusque dans les années 90, puis a cessé de l’être, à cause des pollutions agricoles et de la disparition des filtres naturels. L’assainissement de l’eau entraînait un coût énorme. On a donc décidé de restaurer les conditions antérieures, ce qui a été également coûteux mais dans une moindre mesure, et ne le sera plus à l’avenir. On prend ainsi peu à peu conscience que la protection des milieux est économiquement intéressante. La protection de la biodiversité n’est pas seulement une mesure conservatoire : c’est une condition du développement durable.

Propos recueillis par Nicolas JOURNET, Sciences Humaines, Hors-série n°49


DOCUMENT 2

« Les espèces naissent, prospèrent puis disparaissent »

Christian Lévêque, hydrobiologiste, évoque les menaces pesant sur la biodiversité, le rôle de l’être humain et les mesures à mettre en œuvre pour préserver les espèces menacées.

Sciences-et-Avenir.com : Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité ?

Christian Lévêque : On classe généralement les menaces sur la biodiversité en quatre grandes catégories : la pollution, la destruction d’habitat, la surexploitation et les introductions d’espèces qui peuvent concurrencer les espèces autochtones. Cela est vrai, c’est l’aspect factuel, mais si on regarde un peu plus loin, les raisons de l’érosion de la biodiversité sont dans des comportements sociaux. Ce qui est en cause, c’est le profit à court terme : on exploite le plus vite possible pour faire le plus d’argent rapidement. C’est la corruption qui existe dans tous ces domaines de protection des ressources naturelles. Et c’est la pauvreté : dans les pays les plus démunis, la biodiversité est une source de profit que ce soit par la surexploitation ou par le braconnage. […]

Vous dites que l’être humain est aussi un créateur de biodiversité ?

Bien sûr, d’abord nous avons manipulé les plantes pour créer de nouvelles variétés, puis les animaux. Nous générons ainsi des conditions propices à l’émergence de nouvelles espèces. La différence réside dans l’échelle de temps : il est bien plus rapide de détruire une espèce que d’en créer une. La mondialisation, le transfert de spécimens d’un continent à l’autre sont autant de facteurs créateurs de biodiversité. On a longtemps cru que, pour qu’une nouvelle espèce apparaisse, il fallait qu’une population soit isolée. Il existe maintenant un autre modèle dans lequel il apparaît que des espèces peuvent évoluer différemment au sein d’un même milieu.

Nous avons néanmoins le devoir de préserver la biodiversité mais peut-on sauvegarder toutes les espèces ?

Premièrement, il faut bien dire que l’on ne souhaite pas protéger toute la biodiversité. On cherche, par exemple, à détruire ou à cantonner les micro organismes pathogènes qui représentent également de la biodiversité, compte tenu de leur nombre et de leur omniprésence sur la planète. Ensuite, il me semble impossible de pouvoir protéger toutes les formes de vie actuelles. Nous allons nécessairement devoir faire des choix. Lesquels ? Je dirai qu’un côté affectif fait que nous nous intéressons plus aux vertébrés et aux mammifères. C’est aussi une question de point de vue : quand je pose cette question à mes collègues africains, ils me répondent qu’ils veulent protéger ce qu’ils connaissent et qui leur est utile. Pour moi, par exemple, la disparition des orangs-outans de Bornéo, parce qu’on détruit leur habitat pour planter des palmiers à huile pour faire des agrocarburants, me pose problème.

Propos recueillis par Joël IGNASSE, Sciences-et-Avenir.com

Model Response

La préservation de la biodiversité est devenue l’une des préoccupations majeures de notre époque. Le sujet de savoir si l’espèce humaine est capable de préserver cette biodiversité est d’une importance capitale pour l’avenir de notre planète. Pour répondre à cette question, explorons les idées présentées dans les documents 1 et 2, qui offrent des perspectives variées sur ce défi crucial.

Le document 1 nous offre une analyse approfondie de la notion de biodiversité. Selon Robert Barbault, la biodiversité est un concept qui transcende le simple domaine de la biologie et qui a une signification politique et sociétale. Il souligne que l’homme est intrinsèquement lié à la biosphère, et que la diversité est essentielle pour l’évolution des sociétés humaines. L’accélération de l’érosion de la biodiversité est directement liée à l’activité humaine, notamment à la dégradation des habitats et à la surexploitation des ressources. Cette érosion de la biodiversité entraîne des conséquences désastreuses, telles que des risques d’épidémies et des perturbations écologiques.

Dans le document 2, Christian Lévêque souligne également les menaces qui pèsent sur la biodiversité, telles que la pollution, la destruction des habitats et la surexploitation des ressources. Il met en évidence le rôle de l’homme en tant que créateur et destructeur de biodiversité, soulignant que les comportements sociaux, tels que la recherche de profit à court terme, sont des facteurs majeurs contribuant à l’érosion de la biodiversité. Lévêque pose également la question de savoir s’il est possible de sauvegarder toutes les espèces, soulignant les défis auxquels nous sommes confrontés dans nos efforts de préservation.

Alors, que pouvons-nous conclure sur la capacité de l’espèce humaine à préserver la biodiversité ?

Il est clair que l’activité humaine a un impact considérable sur la biodiversité de notre planète. La surexploitation des ressources naturelles, la déforestation, la pollution et le changement climatique sont autant de menaces qui pèsent sur la diversité de la vie sur Terre. Cependant, les documents soulignent également que l’homme a le pouvoir de préserver la biodiversité à travers des actions telles que la protection des habitats naturels, la régulation de la pollution et la promotion de modes de vie durables.

Pour y parvenir, il est essentiel que les gouvernements, les organisations internationales et la société civile travaillent ensemble pour mettre en œuvre des politiques de conservation efficaces. Il est également crucial de sensibiliser le public à l’importance de la biodiversité et à la nécessité de protéger notre environnement pour les générations futures.

En conclusion, bien que l’espèce humaine soit responsable de nombreuses menaces pesant sur la biodiversité, nous avons également le pouvoir et la responsabilité de prendre des mesures pour préserver cette biodiversité précieuse. En travaillant ensemble et en prenant des mesures concrètes, nous pouvons espérer un avenir où la diversité de la vie sur Terre est préservée pour les générations à venir.

This kind of synthesis-plus-argument structure is exactly what the jury rewards in the real DALF C1 speaking exam, so it’s worth reading this model answer more than once. If you want feedback on your own version of this exercise, Lingua Nest’s French program can walk you through it with an instructor.

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